Un trader travaille chez CMC Markets dans la City de Londres
par Diana Mandia
Wall Street est attendue en hausse et les Bourses européennes rebondissent mardi à mi-séance, aidées par une nouvelle avalanche de résultats d'entreprise et le recul des prix du pétrole, même si la recrudescence des tensions entre les États-Unis et l'Iran autour du détroit d'Ormuz reste une source de grande inquiétude. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,27% pour le Dow Jones, de 0,34% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,6% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 prend 0,59% à 8.023,27 points vers 10h44 GMT et, à Francfort, le Dax gagne 1,15. L'indice FTSE de la Bourse de Londres cède en revanche 1,06% à son retour d'un week-end prolongé.
L'indice EuroStoxx 50 est en hausse de 1,37%, le FTSEurofirst 300 gagne 0,59% et le Stoxx 600, qui a enregistré lundi sa plus forte baisse en un mois, avance de 0,55%.
Les marchés d'actions se redressent alors que les investisseurs se concentrent sur une nouvelle vague de résultats d'entreprises et que la légère baisse des cours du pétrole apporte également un peu de répit après un début de semaine plombé par un clair regain des tensions au Moyen-Orient.
"Les résultats des entreprises ont été relativement favorables. Et au final, tant que les entreprises continuent de générer des bénéfices, cela contribuera à maintenir un climat optimiste", dit Fiona Cincotta, analyste City Index.
Lale Akoner, analyste de marchés chez eToro, ajoute que l'attention des opérateurs sur les résultats trimestriels va s'intensifier cette semaine, alors que de nouvelles publications des deux côtés de l'Atlantique offriront une lecture plus claire des zones où la croissance résiste réellement et de celles où elle commence à s'essouffler.
La situation géopolitique, très instable, rester dans le viseur des marchés après une série d'interventions militaires américaines et iraniennes dans le Golfe lundi, y compris une attaque de Téhéran contre un site pétrolier aux Emirats arabes unis, qui semblent éloigner la perspective d'une paix imminente susceptible d'apaiser à court terme la flambée des prix de l'énergie.
Les cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du marché, reculent mardi, mais se maintiennent au-dessus de 110 dollars le baril, renforçant encore les craintes d'inflation. Les principales banques centrales mondiales, y compris la Banque centrale europénne (BCE), ont déjà durci le ton concernant les risques d'une hausse des prix lors de leurs récentes réunions de politique monétaire.
"Après les attaques iraniennes et américaines d'hier, le risque de voir à nouveau le conflit s'embraser est important. Ceci pourrait pousser les prix encore plus haut et amplifier les pénuries qui sont déjà présentes dans de nombreux pays et qui viennent limiter l'activité économique", écrit Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez LBP AM.
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a averti lundi que l'inflation commençait déjà à s'accélérer et que l'économie mondiale pourrait connaître une "issue bien pire" si la guerre au Moyen-Orient se prolongeait jusqu'en 2027 et que les prix du pétrole atteignaient environ 125 dollars le baril.
En attendant la publication, vendredi, du rapport mensuel officiel sur l'emploi américain, très suivi pour prédire l'évolution des taux directeurs, les investisseurs analyseront mardi l'enquête Jolts sur les offres d'emploi, ainsi que l'indice ISM des services, tous deux prévus dans l'après-midi. LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
Les investisseurs ont sous les yeux une longue liste de résultats et de perspectives des entreprises européennes.
A Paris, dans le secteur de la santé, Abivax, qui a émis 68,5 millions d'euros d'ADS pour racheter des certificats de royalties, prend plus de 4%.
Derichebourg, qui a annoncé avoir signé un accord contraignant pour acquérir Scholz Recycling, avance de 3,48%, tandis que Rubis, qui a fait état d'une hausse de 6% sur un an de son chiffre d'affaires au premier trimestre, gagne 4,20%.
Vicat prend 2,54% après la publication de ses ventes trimestrielles.
Le secteur des boissons et de l'alimentation en Europe prend 0,89% avec Anheuser-Busch Inbev qui bondit de plus de 7%, le brasseur belge ayant largement dépassé les attentes sur son chiffre d'affaires et son bénéfice au premier trimestre. La journée est également riche en résultats pour les banques européennes : la banque italienne Unicredit, qui a annoncé un bénéfice trimestriel record et amélioré ses perspectives pour le reste de l'année, tout en lançant une offre publique d'achat sur Commerzbank (+3,5%), gagne 5,5%.
HSBC plonge en revanche de plus de 5% après avoir fait état mardi d'une perte surprise sur crédit de 400 millions de dollars liée à une affaire de fraude en Grande-Bretagne.
A Francfort, Hugo Boss est en légère baisse après avoir bondi en début de séance grâce à un bénéfice d'exploitation trimestriel supérieur aux prévisions.
PÉTROLE
Le marché pétrolier recule légèrement mardi après avoir grimpé de près de 6% la veille, alors que la marine américaine est parvenue à escorter un navire de la compagnie Maersk dans le détroit d'Ormuz dans le cadre de l'opération "Projet Liberté", destinée à permettre le départ des navires commerciaux bloqués dans cette voie navigable essentielle au transport mondial des hydrocarbures.
Le Brent abandonne 1,56% à 112,65 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 2,44% à 103,84 dollars.
TAUX
Les rendements des obligations d'État reculent mardi, dans le sillage des cours du pétrole et après la forte hausse enregistrée la veille. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans, qui a pris sept points de base lundi, recule de 2,2 points de base à 4,4241%. Le deux ans perd 2,8 points de base à 3,9336%.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans perd 1 points de base à 3,0712%. Le deux ans cède près de 3 points de base à 2,6911%.
CHANGES Le dollar gagne 0,08% face à un panier de devises de référence, dans un contexte de tensions géopolitiques qui stimule la demande d'actifs refuge.
L'euro grappille à son tour 0,02% à 1,1692 dollar.
Le yen recule légèrement et se stabilise à 157,50 pour un dollar américain, tout en restant proche de son niveau le plus élevé en deux mois après plusieurs séances de fortes hausses depuis jeudi dernier, date à laquelle des sources ont indiqué à Reuters que les autorités étaient intervenues sur le marché des changes pour stopper une forte vague de ventes.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU MARDI 5 MAI :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 14h00 ISM des services avril 53,7 54
USA 14h00 Offres d'emploi (Jolts) mars 6,835 mlns 6,882 mlns
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)

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